vendredi, février 11, 2011

Ah! Qu'elles Sont Belles les Révolutions Arabes!!

Nawertu Eddunia Ya Chabab el 3arab!!
Félicitations Au Peuple Egyptien !

«La voix du peuple est la voix de Dieu. Il est impossible d’ imaginer rien de plus sensé que ce qu’a imaginé le peuple. » Nicolaï Gogol

Qui n’a pas vibré de joie et de fierté pour la victoire éclatante des peuples tunisien et égyptien contre leurs dictateurs, doit aller consulter un médecin d’urgence, (rire) !

Mémoire...

Tout s’est passé à une telle vitesse hallucinante qu'on ne sait plus si on rêve Mais non, on se rappellera à jamais, ce mercredi 22 Décembre 2010 de l’immolation de Mohamed Bouazizi ! Sa mort a été l’étincelle tragique et magique à la fois, qui s 'est propagée de Sidi Bouzid jusqu’ au centre du pouvoir à Tunis. Des centaines, devenus des milliers de personnes manifestent leur rejet du régime policier et prédateur de Ben Ali.

Vendredi 14 Janvier 2011 le président a pris la fuite… l’incroyable est devenu réalité.

En 1 mois, les tunisiens ont fait tomber les 23 ans d’un régime épouvantable, tenu par un clan familial rapace et cruel ! Tout cela au prix de 219 morts et 510 blessés (selon l’ONU).

Or, voilà, que telle une course de relais, le bâton de la liberté est passé aux Egyptiens! La clameur est lancée de Face Book (plus de 90000 signataires) jusqu’ au bord du Nil., appelant à manifester contre la répression avec pour slogan "le 25 janvier, je reprends en mains les affaires de mon pays", le même que celui, scandé par les tunisiens. Cette journée coïncide avec la "Journée de la police", un jour férié destiné à rendre hommage aux forces de l'ordre.

Et c’est parti !

Au 18ème jour de la révolte, la rue égyptienne renverse son président au pouvoir depuis 30 ans, dans le sacrifice de 300 morts, plus de 3000 blessés et des centaines d’arrestations !

L’Egypte vient de battre le record de la révolution la plus rapide dans le monde Arabe!

Quant à moi, je suis épuisée, d'avoir marché durant deux mois, entre la Tunisie et l'Egypte, (entendre virtuellement) ... Pourtant, j' ai bien passé deux mois de veilles entre la télévision, l’ internet et les coups de téléphone en Tunisie et en Egypte, pour avoir des nouvelles de mes amis, cependant que mon bonheur est ineffable. Car vous m’avez tous fait revivre la passion et l’ espoir grandiose du jour de l’ indépendance de mon pays, l’ Algérie du 5 Juillet 1962. Quand malgré ma jeunesse, je sentais que je vivais l’ Histoire, tout comme aujourd'hui, chacun et chacune de vous en Tunisie et en Egypte… Ce sentiment fort de solidarité et de fraternité, nul ne peut le ressentir, si ce n' est toi et moi... parce que nous sommes un seul peuple, du Maghreb, jusqu’ en Palestine ! Maintenant que tous les espoirs sont permis grâce à cette merveilleuse jeunesse arabe, debout en ce XXI siècle, je prie Dieu, de pouvoir vivre un autre moment historique avec la libération de la Palestine !

Pour terminer, je souhaite de tout mon cœur, que les peuples tunisien et Egyptien, veillent bien, à ne pas se laisser voler leur révolution par les politiciens, quelle que soit l’idéologie à laquelle, ils appartiennent ! Car non seulement, le monde vous regarde, mais aussi et surtout, les peuples Arabes, à qui vous avez rendu leur fierté.

Tout cela, en n' oubliant jamais que c'est Mohammed Bouazizi, qui par son geste de colère et de désespoir a déclenché le vent de la liberté dans le monde Arabe.

Et maintenant place à la poésie en hommage à toutes nos révolutions présentes et à venir!
A l' inoubliable et toujours vive lutte de Libération de l' Algérie de Novembre 1954,
à la Tunisie du 14 Janvier 2011 (ou du 22 Décembre 2010) et à l' Egypte du 25 Janvier 2011, sans oublier la Palestine dans nos coeurs... Avec, ces poètes, parmi lesquels, l' un est de ma famille, et les autres furent mes amis, sont placés ici, par ordre d' âge... Abulkacem CHABBI, Bachir HADJ ALI, Ahmed Fouad NAJM et Mahmoud DARWICH!
***

Tu es né libre com
me l’ombre de la brise Et libre telle la lumière du matin dans le ciel. Là où tu allais, tu gazouillais comme l’oiseau Et chantais selon l’inspiration divine. Tu jouais parmi les roses du matin Jouissant de la lumière là où tu la voyais. Tu marchais –à ta guise- dans les prés, Cueillant les roses sur les collines. Ainsi Dieu t’a conçu, fils de l’existence
Et la vie ainsi t’a jeté dans ce monde.
Pourquoi accepter la hont
e des chaines
Pourquoi baisser le front devant ceux qui t’ont enchaîné ?
Pourquoi étouffer en toi la voix puissante de la vie
alors que retentit son écho ?
Pourquoi fermer devant la lueur de l’aube tes paupières illuminées
alo
rs qu’est douce la lueur de l’aube ?
Pourquoi te
satisfaire de la vie des cavernes ?
Où donc est le chant ? Et où le doux élan ?
Aurais-tu peur de la beauté du chant céleste
Craindrais-tu la lumière de l’esp
ace dans la plénitude du jour ?
Allons, réveille-toi, prends les chemins de la vie
Celui qui dort, la vie ne l’attend pas.

N’aie crainte, au-delà des collines,
Il n’y a que le jour dans sa parfaite éclosion.
Que le
printemps commençant de la vie
Qui brode des roses dans l’ampleur de sa cape.
Que le parfum des roses matinale
La danse des rayons sur le miroir des eaux.
Il n’y a que les pigeons élégants
Qui roucoulent sans fin dans las prairies
A la lumière ! La lumière douceur et beauté
A la lumière! La lumière est l' ombre des Dieux.
***

Bachir Hadj Ali (1920 -1991) est un poète algérien.

Serment :
Je jure sur la raison de ma fille attachée
Hurlant au passage des avions
Je jure sur la patience de ma mère
Dans l'attente de son enfant perdu dans l'exode
Je jure sur l'intelligence et la bonté d'Ali Boumendjel

Et le front large de Maurice
Audin
Mes frères mes espoirs brisés en plein élan
Je jure sur les rêves généreux de Ben M'Hidi et d'Inal

Je jure sur le silence de mes villages surpris
Ensevelis à l'aube sans larmes sans prières
Je jure sur les horizons élargis de mes rivages

A mesure que la plaie s'approfondit hérissée de lames
Je jure sur la sagesse des Moudjahidine maîtres de la nuit
Je jure sur la certitude du jour happée par la nuit transfigurée
Je jure sur les vagues déchaînées de mes tourments
Je jure sur la colère qui embellit nos femmes
Je jure sur l'amitié vécue les amours différées

Je jure sur la haine et la
foi qui entretiennent la flamme
Que nous n'avons pas de haine contre le peuple français.

***

Ahmed Fouad Najm ( 1929) Poète Egyptien

Quand le soleil se noie dans une mer de brume,

Quand une vague de nuit déferle sur le monde,
Quand la vue s'est éteinte dans les yeux et les cœurs,
Quand ton chemin se perd comme dans un labyrinthe,
Toi qui erres et qui cherches et qui comprends,

Tu n'as plus d'autre guide que les yeux des mots. »

***

Mahmoud Darwich

Si nous le voulons
Nous deviendrons un peuple, si nous le voulons,
quand nous saurons que nous ne sommes pas des anges et que
les autres n’ont pas l’exclusivité du mal
Nous deviendrons un peuple quand nous n’adresserons
plus de prière de remerciement à la patrie sacrée chaque fois que
le pauvre aura trouvé de quoi dîner
Nous deviendrons un peuple quand nous insulterons
le chambellan du sultan et le sultan en personne sans avoir à
passer au jugement
Nous deviendrons un peuple quand notre poète écrire
un poème licencieux sur le ventre de la danseuse
Nous deviendrons un peuple quand nous oublierons
ce que nous dit la tribu, quand l’individu élèvera à un rang
supérieur les petits détails
Nous deviendrons un peuple quand un écrivain
regardera vers les étoiles sans affirmer : Notre pays est plus
haut…et plus beau
Nous deviendrons un peuple quand la police des
mœurs empêchera qu’une prostituée et une femme adultère
soient rouées de coups publiquement
Nous deviendrons un peuple quand le Palestinien ne
se souviendra plus de son drapeau que dans les vastes terrains
de font, les concours de beauté et le jour de la Nakba
Nous deviendrons un peuple, si nous le voulons, quand
on autorisera le chanteur à psalmodier un verset de la sourate Le
Miséricordieux lors d’une fête mixte de mariage
Nous deviendrons un peuple quand nous respecterons
la justesse comme l’erreur.

***

jeudi, février 10, 2011

"Morts Sur Le Nil" _Un Maître Du Suspense Vient De Naître!

Ce soir Hosni Moubarak a damé le pion à la "reine du crime", la bien nommée Dame Agatha Christie, prêtresse du suspense ! Ce qu' il lui aura fallu de temps pour créer des oeuvres haletantes dans l' horreur et le mystère de personnages fictifs, le président égyptien l’ a réalisé en une seule journée, à travers un scénario d’ effroi pour un chaos annoncé!

C'est ainsi que le film de la journée de jeudi, a été jalonné de rumeurs contradictoires, distillant l' espérance, le doute et l' angoisse...

Communiqué nº1: Un officier déclare: " ce soir l`armée vous annoncera une bonne nouvelle!" ( la place Tahir et l`écho du monde entier retient son souffle.) "Il va annoncer son départ"...

Communiqué nº2 : Omar Souleimane le "magnifique agent de tous les secrets d´Etat", fait part du discours imminent du président à la nation égyptienne, ce soir... (Ouf, enfin, il va partir)!

Communiqué nº3 : le ministre de l`information, assure que : "le président ne démissionnera pas" - celui-là, personne ne le croit!

Et la CIA, avec ses fanfaronnades habituelles, de "qui sait tout", informe que: " Mubarak va faire ses adieux définitifs!"

Finalement, les dictateurs , même s´ils "sont capables de dicter plusieurs lettres à la fois" selon les cancres du bac, peuvent rouler dans la farine tous les services de renseignements, les médias, les amis et les ennemis! Tel Moubarak, apparaissant à la télévision nationale, comme si de rien n'était, pour disserter tranquillement, sur "le courage de son peuple qui se rebelle contre les complots étrangers!"

Du surréalisme, pour ne pas dire, un délire grandiose! Ainsi, Moubarak, a t-il "félicité" la bravoure des manifestants, en les tranquillisant sur sa capacité à mener à bien des réformes idylliques, avant de terminer sa mission au mois de septembre prochain!!!

La vengeance de Moubarak, titre de mon précédent article, vient de se manifester dans toute la splendeur méprisante de son discours! Le peuple égyptien est assommé par la stupéfaction, et nous avec lui. Le cauchemar continue...

Droit dans ses bottes, il est décidé à donner du temps au temps, et la force, à la ruse de son esprit militaire, ces deux piliers mégalomanes , grâce auxquels il est parvenu au faîte du pouvoir. Le voilà, prêt à mater la plèbe, triompher des ultimes écueils de son destin et assurer sa place dans le panthéon des héros de l' Histoire égyptienne. Dans ce défit, il n' est pas seul...

De mon observation de l`homme (que j`ai connu en 1982, en allant interviewer sa femme Suzanne, pour mon livre « Ordalie des Voix Arabes ») et de ce j`ai appris, en temps-là, sur son caractère, auprès de certains de ses proches, m' ont persuadée que sa réaction face à la révolte du peuple, ne serait pas celle d`un Ben Ali, mais plutôt semblable à celle de Saddam Hussein, dans le sens où Moubarak, ne quittera pas son pays sous la pression de ses adversaires, mais selon ses propres règles de jeu. D' avance, il en a accepté les risques: mourir épuisé par la maladie, ou par un attentat, mais pas sous la pression de ce qui n'est pour lui qu' une " populace".

Il faut dire, que Moubarak a plus appris des stratèges militaires, que des livres de « sciences politiques". Une des choses que je sais de lui, est qu'il est un fervent admirateur de Alexandre le Grand... dont il semble aujourd'hui copier sa tactique de guerre, dite du "marteau et de l'enclume". C'est ainsi, que durant ces dix-sept jours de révolte populaire, le vieux raïs a bien placé ses unités, d' assauts ( fidèles officiers, policiers, journalistes et télévision nationale aux ordres, et délinquants-matons ) - qu'il a disposé en échelons. Elles ont pour but de contourner "l'ennemi", en l'occurrence, cette multitude incrustée au coeur du Caire, pour mieux la diviser et créer ainsi une brèche dans ses lignes de défense.. Tout cela, sans cesser de mener une campagne sournoise contre les "insurgés", mettant aux arrêts des centaines d`entre eux, et obligeant de nombreux détenus à signer une déclaration disant qu'ils ne retourneront pas à la Place Tahrir.

Parallèlement à cette mise-en scène de l'´effritement de la révolte populaire, le président tente d`aviver l`esprit nationaliste de la nation, en lui faisant croire qu'un ennemi extérieur est aux portes et jusqu'au sein même du pays !!

Quant à la CIA, une fois de plus, elle a tout faux, prouvant qu'elle n´est douée que pour fabriquer des informations, en torturant dans des geôles de Abu- Ghraïeb, jusqu'à Guantanamo.

Il n' en reste pas moins, que les dictateurs, n'aiment pas leur peuple! Car en dépit de la vindicte populaire, celui qui gouverne à coup de fraudes électorales, s'agrippera le plus, au pouvoir, même au prix d' une guerre civile dans son pays!!!

En ce vingtième jour de résistance, les égyptiens qui se sont soulevés après 30 ans de soumission à l' une des plus implacables dictatures de la région, sont totalement pris au piège!

La seule manière de les aider, est que le monde ne relâche pas son attention sur cette lutte civique.

Sinon, demain, les morts sur le Nil se multiplieront, et alors, ni l`armée égyptienne, ni l`ONU, ni même ce Tribunal de la Justice Internationale, ne pourront dire « qu'ils ne savaient pas »...

Citations de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline


Source : Citation suspens - 26 citations sur suspens - Dicocitations ™ - citationun homme ... ce n'est rien après tout que de la pourriture en suspens...
Voyage au bout de la nuit (1932)
Citations de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline


Source : Citation suspens - 26 citations sur suspens - Dicocitations ™ - citation

jeudi, février 03, 2011

La Vengeance De Hosni Moubarak...

Quand le déshonneur est public, la vengeance du tyran devient machiavélique!













Dieu comme je souffre de voir les Arabes et les musulmans s'entretuer, quand ils ne sont pas massacrés par les envahisseurs américains et israéliens! Depuis les années des indépendances nationales, chaque génération tombe et se relève, en passant le même relais des chutes infernales à la génération suivante, dans la sueur de leur front soumis aux dictateurs!!!
***

Comme tout le monde dans nos pays, j’ai pleuré pour les immolés et les tués par les leurs, dans le Maghreb et au Moyen-Orient. Mais aussi, j’ai vibré de joie pour la libération du peuple Tunisien, et maintenant, me voici, tremblante pour le peuple Égyptien… La cause de toutes ces révoltes est la boulimie du pouvoir des leaders de l’ensemble des pays arabes ! On croyait que seuls les rois régnaient par dynastie. Hélas, non! Car, chez les Arabes, le fantasme du Calife tout puissant est aigu dans l' imaginaire des gouvernants, qu'ils soient d'extraction populaire, ou de la bourgeoisie marchande! Aussi, ne faut-il pas s' étonner de voir que les leaders « républicains » prennent leur "fauteuil" de président, pour un trône à léguer de père en fils… D' où leur propension à faire durer leur "règne" jusqu'à perdre le sens de leur propre dimension humaine, en finissant par devenir de vieux dictateurs grotesques et néanmoins dangereux pour leur peuple.

Face à l'écran de la télévision, mes yeux fixés sur la foule égyptienne en colère, je revois ce même peuple suppliant Gamal Abdel Nasser de ne pas démissionner ( il avait décidé de le faire, à la suite de l’ échec de la « guerre des 6 jours » en 1967). Puis, je me rappelle l' image bouleversante des égyptiens, déchirés par le chagrin, lors de ses funérailles. Je me souviens aussi, que même le roi Farouk avait plus de grandeur morale que n’importe lequel de ces leaders à vie d’aujourd’hui, quand en 1952, il s’est plié devant la volonté du peuple et a décidé de renoncer au trône… Mais encore, je songe à l’imposante stature du Général de Gaulle, qui s 'est retiré volontairement du pouvoir.

Et maintenant que reste-il? Des "élus à vie" agrippés à leur pouvoir, tel Harpagon sur son or! Abrités derrière une oligarchie servile, et un sérail corrompu, ils s'accrochent, mandat après mandat, par la force des fraudes électorales, les magouilles sécuritaires, et le chantage qui n’en finit plus sur « le terrorisme islamique » dont ils prétendent être les défenseurs imparables ! Quand tout cela ne suffit plus pour maintenir leur autorité souveraine, ils ont recours à l’infâme tactique du « diviser pour régner » au prix du sang du peuple. Mémento précis des dictateurs, tel que nous l’enseigne le président Hosni Moubarak dans son obstination à dompter la colère du peuple égyptien qui ne veut plus de lui après 29 ans et demi d' une réélection à chaque fois discutable...

« Le chaos ou moi » a-t-il lancé à ce million ou plus, de « ses » concitoyens égyptiens, pacifiquement rassemblés dans la place Tahrir (Liberté) située au cœur du Caire !

« Qu'il parte » a été le slogan de la foule lorsque l'allocution télévisée s'est achevée.

Pourtant dans son discours, le vieux Raïs, aura bien usé des effets grandiloquents chers aux feuilletons à l’ égyptienne. Dignité éplorée dans la voix, « je mourrai dans mon pays », puis, avec un accent de héros sans peur ni reproche : " je terminerai ma mission". Et voilà le décor bien planté pour la suite épouvantable des événements!

Ainsi va-t-il créer le chaos… Il retire les policiers de leurs postes pour que le pillage, le massacre fratricide et la panique dispersent la population. Une tactique bien fignolée pour un dressage féroce, à huit clos, si elle n’avait pas été diffusée par des journalistes et des civils courageux. Ceux-là mêmes, qui au péril de leur vie, ont réussi à envoyer des images et des descriptions de ces assauts de mercenaires contre leurs concitoyens.

Chameaux, chevaux, machettes, fouets, haches, caillasses et bombes lacrymogènes sont lancés par un escadron de policiers habillés en civil, mêlés à des voyous recrutés pour la circonstance, contre les manifestants. Entre ces derniers, il y a des enfants, car beaucoup sont venus avec leurs familles. Certains campent sous des tentes de fortune. Tous attendent tranquillement le "vendredi du départ" du président… Les chars entourent les abords de la place, la foule se croit à l’ abri…

Or voilà «qu' on » a laissé passer la horde dite « pro-Moubarak »! Ils sont quelques centaines de forts à bras, entrainés comme casseurs de manifestations.

La protestation pacifique est éteinte dans un bain de sang ! 3 morts et un millier de blessés, peu importe de quel bord ils sont, en ce neuvième jour de la révolte populaire en Egypte. A partir de quel nombre de morts parmi des manifestants pacifiques, peut-on parler de carnage d''Etat??

Par ailleurs, quand on sait que depuis sa maladie, Hosni Moubarak, ne dirige plus les affaires, mais plutôt ses fils, aidés par le cercle de leurs fidèles, de l’ armée et des services de sécurité, on ne peut croire à une volonté têtue du président pour garder le pouvoir coûte que coûte…

Les tergiversations américaines, l’activisme fébrile d’Israël auprès des gouvernants et médias euro-étasuniens, pour « aider » Moubarak à se maintenir au gouvernail égyptien, jusqu’ à la fin de son mandat en septembre me font plutôt croire, que ce scénario a été bel et bien concocté par ses amis et conseillés israéliens et américains. Faire pourrir la situation afin que cette vague de protestation dans le Monde Arabe s’essouffle et permette aux américains d’avoir le temps de chercher un autre poulain. Celui-ci ne doit pas être issu des « frères musulmans », mais plutôt un remplaçant (pourquoi pas Mohammed el Baradei ?) - qui ne mettrait pas en péril le sacro-saint pacte de paix avec Israël. C’est la seule question qui compte pour eux, le reste, sera agité pour appâter la galerie… changement de la constitution, levée de l’Etat d’urgence, etc.

Tant mieux pour eux, dirons-nous, si c’est pour rendre les égyptiens plus libres et moins humiliés par leurs gouvernants! Mais voilà, il y a eut ce massacre de civils, et cela restera une tâche terrible dans la saga des Moubarak. Partir sur une guerre civile, n’ est pas le plus glorieux des destins…

A bras de fer, tête d’ acier… Ce vendredi-là, croisons les doigts pour que l' armée fraternise avec son peuple d' acier de la place Tahrir au Caire. Et que Moubarak s' en aille avec un peu plus de panache que le pathétique Ben Ali. Ce n' est qu'avec cette sortie honorable, que le peuple égyptien pourra sans doute, lui pardonner, et qu'il aura une fin tranquille dans ce paradis de Sharm-el-Sheikh qu'il aime tant...